Vous l'avez constaté, depuis 18 mois ce blog n'a plus de vie. La faute... à la vie, (in)justement. Il se pourrait que bientôt, la reprise vienne.
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Vous l'avez constaté, depuis 18 mois ce blog n'a plus de vie. La faute... à la vie, (in)justement. Il se pourrait que bientôt, la reprise vienne.
Guinée Bissau
En Guinée Bissau, selon les premiers résultats du premier tour de l’élection présidentielle qui s’est déroulé dimanche 28 juin, rendus public par la commission nationale électorale, Malam Bacaï Sanha Sanha, du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC, au pouvoir) est arrivé en tête avec 39,59% des voix, suivi de Kumba Yala du Parti de la rénovation sociale" (opposition) avec 29,42%. Ce scrutin intervient cinq mois après l'assassinat par des militaires du chef de l'Etat Joao Bernardo Vieira. Henrique Rosa, candidat sans étiquette, a obtenu 24,19% des suffrages. Tous les trois sont d'anciens chefs d'Etat. Le candidat indépendant, vers qui de nombreux regards se sont tournés en vue d'un éventuel report de voix au second tour, a annoncé qu'il ne donnerait "pas de consigne de vote en faveur d'aucun candidat". Rosa, ancien chef d'Etat intérimaire, est arrivé en tête dans la capitale où il a obtenu 38.908 voix contre 36.477 à Malam Bacaï Sanha et 25.168 à Kumba Yala. Le second tour aura lieu le 2 août.
Mauritanie – Politique
En Mauritanie, la crise politique est-elle en train de se dénouer ? Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, le président de la république renversé lors du coup d'Etat du 6 août dernier, a présenté samedi 27 juin à Nouakchott sa démission volontaire de la fonction de président de la République après avoir signé un décret relatif à la composition du nouveau gouvernement. Ce gouvernement est dit transitoire et d’Union Nationale. Le camp du général Mohamed Ould Abdelaziz, le putschiste du 6 août, détient le poste de Premier ministre, l'opposition a ceux de l'Intérieur, la Défense, les Finances et la Communication. En parallèle, la campagne électorale pour l’élection présidentielle fixée au 18 juillet a été lancée le 2 juillet. Neuf candidats ont été enregistrés au total pour cette élection. Le général Mohamed Ould Abdelaziz, principal auteur du putch du 6 août donc, qui avait démissionné de ses fonctions militaires et politiques à la mi-avril pour se porter candidat. Mais aussi notamment les trois principaux leaders de l'opposition: Ahmed Ould Daddah, chef du principal parti d'opposition, le Rassemblement des forces démocratiques (RFD), Messaoud Ould Boulkheir président de l'Assemblée nationale, candidat du Front national pour la défense de la démocratie et Jemil Ould Mansour, chef du parti islamiste Tewassoul.
Mauritanie
Mauritanie toujours. Election présidentielle, suite. Deux des candidats de l'opposition Ahmed Ould Daddah et Messaoud Ould Boulkheir ont signé un accord pour un désistement réciproque au second tour. L'accord prévoit aussi une clause relative à la formation d'un gouvernement d'union nationale en cas de victoire de l'un des deux dirigeants à cette présidentielle anticipée. Les deux candidats vont soumettre leur texte à l'approbation du troisième candidat anti-putsch, Jemil Ould Mansour.
Cameroun - Politique
Le président camerounais Paul Biya a remanié le gouvernement le 30 juin. Philémon Yang, ancien magistrat et diplomate anglophone de 61 ans, est le nouveau Premier ministre. Les services de la présidence de la République ont également connu des changements, dont le retour de Martin Belinga Eboutou au poste de directeur du cabinet civil du président de la République. L’ancien diplomate devenu Conseiller spécial de Paul Biya avait déjà occupé ce poste entre septembre 1996 et décembre 1997. L'ancien ministre de l'Energie Alphonse Siyam Siwé, lui, condamné en première instance à 30 ans d'emprisonnement pour des "détournements de fonds" au Port autonome de Douala (PAD), a écopé en appel de la "prison à perpétuité".
Niger - Politique
Au Niger, une journée "journée pays mort" a eu lieu mercredi 1er juillet, à l’appel de l'opposition et des syndicats pour protester contre la volonté du président Mamadou Tandja de se maintenir au pouvoir au-delà de son mandat légal. Elle a été diversement suivie : les trois principaux marchés de la capitale, Niamey, ont fonctionné de façon très ralentie, mais dans les quartiers populaires, boucheries et petits commerces étaient ouverts. Rappelons que, âgé de 71 ans, le président Tandja entend convoquer un référendum pour adopter une nouvelle constitution qui lui permettrait de briguer un nouveau mandat en décembre prochain.
NIGER
Niger toujours. Malgré le succès mitigé de l’appel à la journée « pays mort », l'opposition, regroupée dans le Front de défense de la démocratie (FDD), continue de "dénoncer le coup d'Etat" du président. Le lundi 29 juin, Mamadou Tandja quand à lui a dissous la Cour constitutionnelle qui s’était opposée par trois fois à son projet de référendum. Désormais, l’un des enjeux est la position de l’armée : l’opposition a appelé les forces de sécurité et de défense à "refuser d'obéir aux ordres d'un homme qui a pris l'option délibérée de violer la Constitution et qui a perdu toute légitimité politique et morale". Le 1er juillet, un porte-parole de l'armée a lu un communiqué à la radio d’Etat qui assure que « Tenues par leur devoir de neutralité et de réserve, les forces armées ne sauraient à ce titre ni être associées à un quelconque débat politique, ni être impliquées dans des actions déstabilisatrices". Le communiqué appelle aussi, je cite, « à la concertation en vue de l’apaisement de la situation ». Apaisement pas vraiment effectif : mardi 30 juin, le principal opposant au régime, Mamadou Issoufou, a été brièvement interpellé par les gendarmes qui l'ont relâché après environ une heure d'interrogatoire.
Côte d'Ivoire – Société
En Afrique, la mort de Michael Jackson n’a pas bouleversé les foules…sauf dans un petit village Ivoirien, Krindjabo. La pop star, décédée le 25 juin, avait visité le village, en 1992. Le 13 février, précisément, le chanteur en tournée sur le continent africain, était venu dans le village au cœur de la forêt et avait été couronné Amalaman Anoh, du nom d'un ancien prince du royaume, sous l'arbre à palabres. Michael Jackson "avait expliqué à l'assistance que ses origines proviendraient de ce royaume Sanwi, avant de dire merci en langue agni (la langue de l’ethnie locale). Un comité de villageois travaille sur le programme d’une cérémonie en hommage à Michael Jackson, au cours de laquelle une causerie-débat sur "l'influence de l'artiste sur la musique du XXe siècle" réunira journalistes et musicologues.Au Nigéria, dans le Delta du Niger, l’affrontement entre les forces gouvernementales et les rebelles du Mend, le Mouvement pour l'émancipation du delta du Niger, semble être entré dans une nouvelle phase depuis début juin. Le 7 juin, le groupe rebelle a annoncé le lancement d'une "guerre du pétrole ». Et le 16 juin, il a déclaré dans un communiqué avoir "détruit avec des explosifs un oléoduc important appartenant à Shell", dans l'Etat de Bayelsa, dans le Delta donc. Le Mend appelle Shell à quitter la région "afin d'éviter des dommages collatéraux (. . . ) et la mort d'employés". Le groupe indique avoir mené l'attaque contre Shell "pour montrer son mécontentement par rapport à la réaction du gouvernement" face à la mort de deux hommes du delta du Niger qui ont été tués, dit-il, par l'armée sans raison. Depuis plusieurs semaines, l'organisation clandestine, qui dit se battre au nom des populations locales pauvres du delta, a multiplié les attaques contre les installations de la compagnie pétrolière américaine Chevron, dans l'Etat du Delta, l’autre Etat pétrolifère du Sud Nigéria. Shell pour sa part a déclaré l'état de force majeure pour son terminal d'exportation de Forcados entraînant la non-garantie des livraisons. La société a pris cette décision en raison de retards causés par des dégâts sur un autre oléoduc majeur en mars.
Gabon - Politique
Au Gabon, c’est l’incertitude quant à l’élection présidentielle qui doit permettre au pays de choisir un nouveau chef d’Etat, après le décès d’Omar Bongo. Selon la Constitution, la présidente par intérim Rose Francine Rogombé, investie le 10 juin, dispose de 45 jours après sa prise de fonction pour organiser un scrutin, donc théoriquement fin juillet. Mais le 1er Ministre, Jean Eyeghé Ndong, a indiqué lundi 22 juin que le scrutin ne pourrait pas être organisé dans un délai court. "J'espère que je ne m'avance pas trop mais c'est sûr que nous irons au-delà de 45 jours", a-t-il déclaré dans une interview à la chaîne de télévision France 24. Est notamment en cause la possible – et nécessaire selon certain – révision des listes électorales.
Gabon - Politique
Au Gabon, toujours, un des principaux opposants, Pierre Mamboundou, a dénoncé mardi 23 juin "une action militaire en préparation" pour faire échouer la transition constitutionnelle en cours. Il n’a toutefois pas étayé ses accusations, évoquant sdeulement des « informations en sa possession ». Président de l'Union du peuple gabonais (UPG), Pierre Mamboundou était arrivé deuxième à l'élection présidentielle de 2005 face à Omar Bongo, dont il était alors le principal opposant. Depuis, il s'était rapproché du pouvoir sans toutefois entrer au gouvernement.
Togo - Politique
Au Togo, on sait désormais où sont détenus Kpatcha Gnassingbé et une dizaine de complices présumés de ce qau’on appelle à Lomé le « coup de Pâques », c’est à dire la tentative présumée de coup d’Etat contre le président Faure Gnassingbé. Il s’agit des locaux de l’Agence nationale de renseignements (ANR), une annexe de la présidence. Ce lieu de détention a été choisi en raison de la surpopulation qui règne à la Maison d’arrêt de Lomé, et par crainte d’une tentative de libération par la force des prisonniers. Après avoir refusé l’assistance d’un avocat, le demi-frère du chef de l’État aurait, au cours de l’instruction, reconnu une partie des faits qui lui sont reprochés. Accusé de complot et d’atteinte à la sûreté de l’État, il pourrait être jugé d’ici à la fin de l’année.
Togo - Société
Niger – Politique
Au Niger, initialement prévue le 18 juin, la grève générale appelée par 7 centrales syndicales contre le projet de référendum constitutionnel annoncé par le
Président Mamadou Tandja , a finalement eu lieu jeudi 25 juin. Elle a été largement suivie. Le mouvement a été d’une ampleur jamais vue depuis l'avènement au pouvoir de Tandja en 1999. Il montre
l’opposition importante de la société au projet de celui ci de s’ouvrir la possibilité d’une troisième candidature grâce à une révision constitutionnelle. Pour obtenir cette révision, Tandja a,
rappelons le, convoquer le 4 août un référendum visant à faire adopter une nouvelle constitution qui ne limiterait pas la durée du mandat présidentiel et lui octroierait dans un premier temps une
rallonge de trois ans durant laquelle aucune élection ne serait organisée. Agé de 71 ans, Tandja, doit céder le pouvoir le 22 décembre prochain.
Après la grève, Mamadou Tandja commence à être lâché par les sien. La Convention démocratique et sociale a annoncé jeudi 25 juin, au soir de la grève, le retrait de ses huit ministres présents au gouvernement. La convention indique que cette décision est, je cite, "motivée par la divergence d'appréciation entre notre formation et le gouvernement relativement à la question du référendum constitutionnel". L'appui de la CDS avait permis l'élection du président Tandja en 1999 et 2004. Au fil des jours, Mamadou Tandja semble perdre le contrôle de la situation. Déjà, le 12 juin, le Conseil Constitutionnel avait refusé d’avaliser son projet de référendum. Il y a quelques jours, la commission électorale nationale a "zappé" le référendum voulu par le président et convoqué des législatives anticipées le 20 août. Pour tenter de passer en force, Le président nigérien a a annoncé vendredi 26 juin qu'il avait décidé d'"activer l'article 58 de la constitution". Cet article permet au chef de l'Etat de gouverner par le biais d'ordonnances et de décrets lorsque "l'indépendance de la République est menacée".
Après deux semaines d'absence voici le retour de ces échos d'acutalité d'Afrique de l'Ouest et d'Afrique centrale. Ces
échos sont rédigés pour l'émission la Chronique Africaine (première diffusion le mardi à 12 h 30 sur radio R d'autan : 105. FM à Lavaur; 100.2 FM à Gaillac; 102.8 FM à Castres et
sur www.rdautan.fr). Ces échos d'actualités
constituent une synthèse qui a la simple ambition de donner "une idée" de la vie qui va - ou ne va pas - dans cette partie du continent. Leur rédaction est établie principalement à
partir d'information figurant sur les sites www.africatime.com et www.jeuneafrique.com, à partir de
dépèches d'agences telles que Pana et Xihnua, et (parfois) d'informations communiquées par des amis africains. Cette semaine, l'actualité à la mode africaine de l'ouest et du centre est
dominée par les obsèqaues d'Omar Bongo, feu le président gabonais, à la longévité inégalée à la tête d'un état africain "indépendant". Moins en vue, mais aussi importante sans doute : la
polémique qui monte autour de la réforme constituionnelle tentée par le Président du Niger...
Le 25 mai 2007, quelques jours après son élection, Nicolas Sarkozy avait reçu Omar Bongo à l'Elysée. Le 8 juin 2009, il était aux obsèques du Président
Gabonais.
Gabon
"Gloire éternelle à notre regretté président": Des affiches géantes ont été placardées à Libreville pendant une semaine, à l'image des obsèques grandioses que les autorités ont voulu organiser
une semaine durant en hommage à Omar Bongo Ondima, 2ème président du Gabon Depuis l’indépendance. Décédé le 8 juin, à 73 ans, après trois semaines d’hospitalisation en Espagne, Omar
Bongo a passé 41 ans à la tête du Gabon. Il était le plus ancien président Africain. Le fait est que, le 16 juin, jour des obsèques officielles, une quinzaine de chef d’Etat Africains étaient
présents : ceux du Burkina Faso, du Cameroun, de Centrafrique, du Congo-Brazzaville, de République démocratique du Congo (RDC), du Mali, du Sénégal et du Tchad notamment. Après un défilé
militaire, le cercueil d’Omar Bongo s’est envolé pour Franceville, où il a donc été inhumé jeudi dans l'intimité.
Aux cotés des chefs d’Etat et des représentants des gouvernements africains, dont les plus éminents dictateurs du continent, la France était particulièrement bien représentée lors des obsèques d’Omar Bongo, ce 16 juin à Libreville. Deux présidents étaient présents : un ancien, Jacques Chirac, applaudi à son arrivé ; l’actuel, Nicolas Sarkozy, sifflé et pris à partie verbalement par de jeunes gabonais qui criaient : «On ne veut plus des Français ! On veut les Chinois !». Autres membres de la délégation française : le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, le secrétaire d'Etat à la Coopération Alain Joyandet et les anciens ministres de la coopération Michel Roussin, Jean-Louis Debré, Jacques Godfrain. Autres personnalités françaises encore qui ont fait le déplacement : le «Monsieur Afrique» officiel du président Sarkozy, Bruno Joubert, assis juste derrière Robert Bourgi, son homologue occulte, successeur de Jacques Foccard dans l’animation des réseaux français en Afrique. L'élu Patrick Balkany et l'ancien grand maître du Grand Orient de France Alain Bauer - Omar Bongo était un franc-maçon déclaré – ont fait également partie du voyage. L'ancien patron de la compagnie pétrolière publique française Elf, Loïk Le Floch-Prigent, est venu personnellement déposer une gerbe de fleurs devant le cercueil d’Omar Bongo. Gerbes de fleurs aussi de la part d'Axa, Total, Bolloré, figures des réseaux franco-africains. La «Françafrique», cette relation complexe entretenue entre Paris et ses anciennes colonies d'Afrique, où se mêlent raison d'Etat, lobbies et réseaux politico-affairistes, s'était donc donné rendez-vous à Libreville pour les obsèques de son dernier «dinosaure», le président Omar Bongo.
GABON
Au Gabon, toujours, le contexte politique de l’après Omar Bongo est tendu. Officiellement, l’ordre constitutionnel est pour l’instant respecté : Rose Francine Rogombé, présidente du Sénat, membre du Parti démocratique gabonais (PDG), a prêté serment mercredi 10 juin et assure les fonctions de Présidente par intérim. Vendredi 12, lors du conseil des ministres, elle achargé le gouvernement de lui présenter un calendrier pour l'organisation d’une élection présidentielle. La Constitution gabonaise prévoit l'organisation d'une élection présidentielle 45 jours au plus tard après la prise de fonction du chef de l'Etat intérimaire. Cependant, dans les coulisses, des discussions ont lieu au sein du Parti démocratique gabonais (PDG), l'ex-parti unique fondé par le président Bongo et encore tout puissant avant sa mort, dont les caciques semblent peiner à s'accorder sur un candidat. Ali Ben Bongo, ministre de la Défense et fils du défunt, souhaite s'imposer comme successeur, mais il y aurait des résistances notamment de l’un de ses sœurs. Rappelons que, jadis considéré comme un petit eldorado pétrolier africain, le Gabon, exportateur de matières premières et importateur de biens manufacturés, est touché de plein fouet par la crise, victime de longues années d'une gestion sans diversification de l'économie, gangrené par la corruption. Ces dernières années, les mouvements de grève dans la fonction publique se sont multipliés et le pays à été à plusieurs reprises au bord de l’explosion sociale. Un important dispositif militaire est déployé dans la capitale depuis la mort d’Omar Bongo.
Niger –
Plusieurs dizaines de milliers de Nigériens ont manifesté dimanche 14 juin à Niamey contre le projet du président Mamadou Tandja d'organiser début août
un référendum sur une nouvelle Constitution. Objectif du Président : faire voter une modification constitutionnelle qui mette fin à la limitation à deux consécutifs le nombre de mandats
présidentiels et qui lui permette donc de briguer un nouveau mandat de cinq ans, à la fin 2009. A l'appel du Front de défense de la démocratie (FDD), une coalition de 200 partis,
syndicats et ONG, les manifestants ont défilé pacifiquement dans les rues, à pied ou en motos, aux cris de "A bas 'tazartché' (la continuité), "tazartché est mort!". La
marche a été marquée par la mort de l'ex-président de la Haute cour nationale de justice, victime d’un malaise alors qu’il allait prendre la parole.
Niger
On reste au Niger. La manifestation monstre du 14 juin est intervenue deux jours après un arrêt de la Cour constitutionnelle qui a annulé un décret présidentiel convoquant le corps électoral pour ce référendum le 4 août. Le 25 mai, la Cour constitutionnelle nigérienne avait déjà émis un avis défavorable à un tel scrutin. En guise de réponse, Mamadou Tandja avait dissous le Parlement dès le lendemain. Quelques jours plus tard, estimant que cet avis ne s'imposait pas à lui, il signait le décret fixant le scrutin au 4 août.
Ancien ministre des Affaires étrangères et numéro deux du Parti nigérien pour le développement et le socialisme (PNDS, principal parti d’opposition), Mohamed Bazoum promet marches et meetings pour faire échouer ce « processus de démolition des institutions démocratiques ». Quant aux sept centrales syndicales du pays, elles ont lancé un appel à la grève générale pour le 18 juin. C'est la première fois que ces centrales syndicales, qui regroupent à la fois les fonctionnaires et les employés du privé, appellent à la grève générale depuis la période des conférences démocratiques de 1990 - 1993.
Mercredi 10 juin. Une fin d’après midi à En Gach, quartier d’habitat social en pleine restructuration de Graulhet. Ici, Rénovation et revalorisation y sont à l’ordre du jour. Le
quartier doit prendre, en trois ans, un nouveau visage. Cette revalorisation a débuté au 1er trimestre 2008 par la destruction de quatre bâtiments, dont trois tours. Désormais, une
intervention est en cours sur l’ensemble du quartier avec l’objectif d’en redéfinir l’habitat mais aussi les espaces de circulation. L’action entreprise entend favoriser la re-cohésion sociale.
Avec, parallèlement à l’affirmation d’une nouvelle composition de l’habitat, des initiatives dans les domaines éducatif, culturel, et la relance de l’insertion professionnelle des jeunes et des
moins jeunes. Ainsi, depuis fin mars 2009, au cœur de l’espace boisé du quartier – appelé à devenir un square urbain –un petit groupe s’active à restaurer… la ferme d’En Gach, dernier témoignage
de l’En Gach d’avant, avant les premiers « grands immeubles » érigés au début des années 70. Avant, quand le terrain était une vigne…
Ce 10 juin, c’est la pose de la première pierre du chantier. Moment rituel. Vers 17 h 30, quand j’arrive, Un petit garçon, en vélo, me demande, à ma descente de voiture :« qu’est ce qui se passe là bas ? ». Là bas, une petite foule est déjà sous une tente autour de panneaux représentants le quartier – avant, pendant, après – et des responsables de Tarn Habitat décrivent les étapes des travaux et leurs objectifs. Aujourd’hui, je suis là « en touriste », je n’ai pas de sujet à faire pour le journal d’actualité. J’ai l’esprit un peu plus libre. Sans la préoccupation « de faire du son » d’actualité, de bien repérer les personnes à « interviewer », de dénicher où est la chargée de presse avec son dossier, de saisir les mots dits (au micro, ou en aparté) qui m’aideraient à bien saisir les enjeux – apparents, ou peut-être sous-jacents – pour pouvoir poser d’autres questions que les classiques (qui quoi ou quand…). Esprit libéré, donc, j’observe… matériel en main, à tout hasard. les techniciens volubiles, les élus évidemment pénétrés, les invités – habitants du quartiers, personnels intervenants dans la restructuration, partenaires de la politique de la ville, employés municipaux… - attentifs (par mimétisme, ou vraiment), ceux qui au fond papotent au bout d’un moment, le photographe de la mission départementale qui tire les portraits, le collègue d’un hebdo qui prend des notes, et…la chargée de presse avec ses dossiers.
Rituel, disait-on.
Elus, techniciens, habitants, invités s’éloignent de quelques mètres pour rejoindre l’endroit du chantier où sont en train d’être creusées les fondations des futurs habitations. Une demi douzaine
de parpaings attend le geste fondateur : les élus vont poser la première pierre. Un employé a déjà tout préparé : le mortier est fait, une partie de celui ci est déjà étalé sur le
parpaing, les officiels peuvent disposer. Truelle en main, Jacques Valax, le président de Tarn Habit, Thierry Carcenac, Président du Conseil général, Jean Tackzuck, élu de la Région, y vont
chacun de leur jeté de mortier… Ils s’amusent, ils plaisantent (« je le fais de la main gauche », dit l’un des élus « bâtisseurs », socialiste, « oui, mais vous le mettez
sur le coté droit », lance une voix derrière), ils s’attardent, pour les photographes, tous en position « chasseurs » (d’images) aux aguets. La pose de la 1èe pierre s’achève quand
un jeune du quartier interpelle les édiles : à cause du chantier, les habitants vivent cloîtrés dans leurs appartements… Les édiles – le Maire de Graulhet en tête -protestent de leur bonne
volonté… En aparté, quelques techniciens indiquent qu’en comité de pilotage, le problème avait déjà été soulevé… Transgression, pas si minuscule que ça, l’intervention du jeune du quartier va
marquer la suite de la cérémonie : le président de Tarn Habitat, au moment des discours, sous la pluie, tente, avec toute la rhétorique de l’avocat qu’il est, comme s’il s’agissait du
discours de sa vie, de convaincre ceux qui l’on interpellé, de vaincre les réticences… les habitants écoutent son plaidoyer. Son évocation du grand jours, son propos sur la haute qualité
environnementale des nouveaux logements. Il évoque que désormais il s’agit de faire, faire un nouveau quartier. Mais les enfants se précipitent déjà sur les petits fours. Quand le Préfet prend la
parole, c’est, malicieusement, pour rappeler au Président de Tarn Habitat, que faire est un verbe un peu four tout. Que le faire, c’est faire des études, puis construire, puis aménager… qu’il y a
des verbes plus précis pour dire les choses en trains de se réaliser, que le verbe faire. Curieuse sortie, un peu transgressive, qui s’explique sans doute par cette incidente du Préfet : il
vient d’apprendre que le Conseil des ministres l’a nommé dans un autre département… Il se lâche… en quelque sorte.
Après les discours, je retrouve les jeunes du chantier de la ferme d’En Gach, rencontrés quelques jours plus tôt. Ils m’avaient raconté leur travail, sur le site même de la ferme. Ils me disent qu’ils sont content de me voir, que je suis le seul qu’ils connaissent. Et racontent comment les élus ont dit que ce qu’ils ont réalisé était « bien »… Leur problème : les paiements de salaires, dans le cadre de leur stage, ont dû retard. Les élus en ont pris note. Tarn Habitat leur a distribué des stylos et des casquettes. Ils les distribuent à leur tour. En rigolant.