Echos d'Afrique 5
Chaque semaine, pour l'émission la Chronique Africaine (première diffusion le mardi à 12 h 30 sur radio R d'autan : 105. FM à Lavaur; 100.2 FM à Gaillac; 102.8 FM à Castres et sur www.rdautan.fr), je me fais l'écho de quelques évènements d'Afrique de l'Ouest et d'Afrique Centrale. Ces échos d'actualités constituent une synthèse qui a la simple ambition de donner "une idée" de la vie qui va - ou ne va pas - dans cette partie du continent. Leur rédaction est établie principalement à partir d'information figurant sur les sites www.africatime.com et www.jeuneafrique.com, à partir de dépèches d'agences telles que Pana et Xihnua, et (parfois) d'informations communiquées par des amis africains. Les échos de la semaine : A la mode africaine de ces derniers mois, le président nigérien Mamadou Tandja tente de modifier la constitution pour pouvoir briguer un troisième mandat... mais ça ne va pas tout seul; en Cote d'Ivoire, la marche vers l'élection présidentielle avance, doucement; en Guinée Conakry, les taxis ont fait grève; au Nigéria, c'est la guerre, autour du pétrole; au Togo, c'est la "guerre" sourde avec randes et petites manoeuvre sur le plan économique, à quelques mois de la présidentielle...
Niger - Politique
Le président nigérien, Mamadou Tandja, a prolongé de trois mois l'état d'urgence dans le Nord du pays. Institué par décret présidentiel en 2007, la "mise en garde", équivalent de l'état d'urgence, accorde les pleins pouvoirs à l'armée dans le nord du Niger, zone riche en uranium. Des représentants des combattants touareg avaient demandé la levée de cette mesure en prélude à des "négociations formelles de fond" à l'occasion d’une rencontre avec le président Mamadou Tandja tenue à Agadez le 3 mai. Ce préalable n’a donc pas été entendu. Niamey exige pour sa part que les combattants touareg déposent les armes sans conditions.
Niger - Politique
Niger encore. Le président Mamadou Tandja, a dissout mardi 26 mai le Parlement. Cette dissolution est intervenue alors que les parlementaires examinaient une lettre adressée par Mamadou Tandja pour les informer de sa décision d'organiser un référendum sur une réforme de la constitution destinée à lui permettre de rester au pouvoir au delà de son deuxième et dernier quinquennat, fin 2009. Il s’agissait de l’autoriser à se représenter pour un troisième mandat. Seulement voilà, la machine s’est grippée : le 25 mai, la Cour constitutionnelle a émis un avis défavorable sur l'organisation de ce référendum estimant que l'article 49 de la constitution, sur lequel Mamadou Tandja s'appuyait, "ne (pouvait) servir de fondement à un changement de la constitution". Et le Parlement allait sans doute rejeter le référendum. D’où la dissolution. Mercredi 28 mai, une coalition de partis et ONG, le "Front pour la défense de la démocratie » a dénoncé une "dérive autoritaire".
Gabon - Politique
Le père est dans une clinique en Espagne, à Barcelone. Le fils dans un hôpital privé parisien. Alors qu’Omar Bongo serait hospitalisé dans un état grave, son fils , Ali Ben Bongo, aurait simplement subi un bilan médical le 22 mai. Agé de 50 ans, ancien ministre des Affaires étrangères et actuel ministre de la Défense, il est l’un des personnages les plus importants du régime gabonais: il est régulièrement cité ces derniers mois comme un possible successeur de son père. Ce passage parisien n’est pas anodin, dans la mesure où il peut permettre des rencontres officieuses avec les autorités françaises.
L'Etat sénégalais et Royal Air Maroc, actionnaires d'Air Sénégal international, en cessation de paiements, ont signé vendredi 29 mai un accord portant sur la création d'une nouvelle compagnie aérienne. L’information a été communiquée par l'Agence nationale de l'aviation civile du Sénégal. Le capital « en sera détenu en majorité par des privés sénégalais", a annoncé à l'AFP le directeur général de l'Agence nationale de l'aviation civile du Sénégal, Mathiaco Bessane, qui a complété : "La RAM n'est plus dans le capital, mais reste en support opérationnel". Rappelons que les avions d'Air Sénégal international sont cloués au sol depuis le 24 avril. La compagnie étant en cessation de paiement. Et ses deux actionnaires, la RAM, (51% des parts) et l'Etat du Sénégal (49%) étant en conflit à propos de la gestion de l’entreprise.
Côte d'Ivoire - Politique
Les commandants de l'ex-rébellion ivoirienne, qui contrôlent le nord du pays depuis fin 2002, ont remis officiellement mardi 26 mai leur pouvoir aux préfets, lors d'une cérémonie dans leur fief de Bouaké (centre). Ce transfert de pouvoir était l'une des conditions de la tenue de l'élection présidentielle annoncée pour le du 29 novembre. Il est d’une des dispositions prévus pour assurer la réunification de la Côte d'Ivoire inclues dans le dernier accord de paix signé fin 2008.
Guinée - Economie
En Guinée Conakry, mardi 26 mai, une bonne partie des chauffeurs de taxis, minibus "magbana" et autocars, ont déclenché une grève surprise. Principale cause de cet arrêt de travail : Depuis quelques mois, le gouvernement demande aux chauffeurs de taxis collectifs de s'en tenir au nombre maximum de passagers autorisé sur la carte grise du véhicule, soit quatre au lieu des six transportés habituellement. Autre mesure contestée : les conducteurs de taxis doivent désormais acheter une vignette à 300. 000 francs guinéens (50 euros) au lieu de 90. 000 (15 euros) auparavant, et tous les taxis doivent être peints en jaune, pour lutter contre la prolifération des "clandos" (taxis en situation irrégulière).
Nigeria - Politique
Au Nigéria, depuis deux semaines, l'armée mène des opérations de ratissage dans l'Etat de Delta, affirmant vouloir "complètement chasser" les rebelles de la région, particulièrement ceux du Mend, le Mouvement pour l’émancipation du delta du Niger. . Selon des médias locaux, qui accusent les forces armées de mener des bombardements à l'aveugle et d'incendier des maisons, des centaines d'habitants ont fui la principale zone ciblée par l'armée jusqu'à présent, Gbaramatu Kingdom, Selon Amnesty International, quelque 20.000 personnes se trouvaient la semaine dernière au coeur d'affrontements entre l'armée nigériane et les rebelles dans le delta du Niger. Dans un e-mail adressé aux médias, le Mend a assuré que ses combattants "ont détruit des tronçons importants de pipelines pour entraîner l'assèchement de l'approvisionnement du réservoir de stockage de Chevron dans le Delta". La compagnie Chevron Nigeria Limited a confirmé que l'un de ses pipelines a été coupé. Le Mend, qui affirme se battre pour les populations misérables du delta du Niger afin de parvenir à un meilleur partage des richesses, a également réitéré ses menaces concernant un blocage des exportations de pétrole. Le Nigeria tire 95% de ses devises de la région pétrolifère du Delta, laquelle région est secoué depuis 2006 par de multiples sabotages d'oléoducs, attaques de navires et enlèvements d'employés locaux et étrangers du secteur pétrolier.
Le 27 mai alors qu'il se trouvait à Ouagadougou, au Burkina Faso, où il a notamment été reçu en audience par Blaise Compaoré Jacques Dupuydauby président du groupe Progosa, spécialisé dans l’économie portuaire, a décidé de ne pas regagner le Togo comme cela était prévu. Il est allé en Espagne. La veille, les forces de police avaient investi sa villa à Lomé. Et l'homme d'affaires est sous le coup d'un mandat d'arrêt international lancé par le Procureur Robert Bakai. Ce départ de l’homme d’affaires qui gère, entre autres, la manutention du principal quai du Port de Lomé (Pal), intervient alors que ces sociétés font l’objet d’un contrôle fiscal depuis plusieurs mois. Proche de l’ancien président Gnassingbé Eyadéma mais aussi de l’ancien président Jacques Chirac, Dupuydauby serait redevable de 1,4 milliard de francs CFA au titre de redevances portuaires non acquittées depuis août 2008. Malgré son montant, cette créance de l’Etat ne suffit pas à expliquer que les dirigeants d’une enseigne historiquement implantée au Togo et ayant leurs entrées auprès de personnalités de premier plan au sein du gouvernement aient pu être inquiétées de cette façon. A quelques mois de la présidentielle prévue en mars 2010, Faure Gnassingbé le chef de l’Etat continuerait à « remettre de l’ordre dans la maison » en s’en « prenant à un personnage encombrant », jugé trop proche des anciens caciques du régime de Eyadema-père. Ce faisant, le groupe Bolloré, concurrent de Progosa, peut reprendre pied au Togo. La justice togolaise doit d’ailleurs rendre d’ici quelques jours un verdict très attendu à propos d’un différend opposant les deux groupes qui se livrent depuis plusieurs années à une lutte sans merci pour le contrôle des terminaux à conteneur de certains ports africains milliards de francs CFA. Cet importateur de véhicules d’occasion ayant pignon sur rue avait quitté le pays clandestinement. Cette « affaire Dupuydauby », intervient aussi après l’arrestation, en avril, de Kpatcha Gnassingbé pour « atteinte à la sûreté de l’Etat