Echos d'Afrique 8

Publié le par Thierry Tchukriel

Ces échos sont rédigés pour  l'émission la Chronique Africaine (première diffusion le mardi à 12 h 30 sur radio R d'autan : 105. FM à Lavaur; 100.2 FM à Gaillac; 102.8 FM à Castres et sur www.rdautan.fr). Ils constituent une synthèse qui a la simple ambition de donner "une idée" de la vie qui va - ou ne va pas - dans l'Ouest et le Centre du continent. Leur rédaction est établie principalement à partir d'information figurant sur les sites www.africatime.com et  www.jeuneafrique.com, à partir de dépèches d'agences telles que Pana et Xihnua, et (parfois) à partir d'informations communiquées par des amis africains. Cette semaine, l'actualité nigérienne reste tendue, la Mauritanie semble s'acheminer vers une sortie de crise pacifique (mais, méfiance...) et la Guinée Bissau aussi... Et puis, il y a une "apparition" de Michael Jackson en Cote d'Ivoire...

Guinée Bissau

En Guinée Bissau, selon les premiers résultats du premier tour de l’élection présidentielle qui s’est déroulé dimanche 28 juin, rendus public par la commission nationale électorale, Malam Bacaï Sanha Sanha, du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC, au pouvoir) est arrivé en tête avec 39,59% des voix, suivi de Kumba Yala du Parti de la rénovation sociale" (opposition) avec 29,42%. Ce scrutin intervient cinq mois après l'assassinat par des militaires du chef de l'Etat Joao Bernardo Vieira. Henrique Rosa, candidat sans étiquette, a obtenu 24,19% des suffrages. Tous les trois sont d'anciens chefs d'Etat. Le candidat indépendant, vers qui de nombreux regards se sont tournés en vue d'un éventuel report de voix au second tour, a annoncé qu'il ne donnerait "pas de consigne de vote en faveur d'aucun candidat". Rosa, ancien chef d'Etat intérimaire, est arrivé en tête dans la capitale où il a obtenu 38.908 voix contre 36.477 à Malam Bacaï Sanha et 25.168 à Kumba Yala. Le second tour aura lieu le 2 août.

Mauritanie – Politique

En Mauritanie, la crise politique est-elle en train de se dénouer ? Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, le président de la république renversé lors du coup d'Etat du 6 août dernier, a présenté samedi 27 juin à Nouakchott sa démission volontaire de la fonction de président de la République après avoir signé un décret relatif à la composition du nouveau gouvernement. Ce gouvernement est dit transitoire et d’Union Nationale. Le camp du général Mohamed Ould Abdelaziz, le putschiste du 6 août, détient le poste de Premier ministre, l'opposition a ceux de l'Intérieur, la Défense, les Finances et la Communication. En parallèle, la campagne électorale pour l’élection présidentielle fixée au 18 juillet a été lancée le 2 juillet. Neuf candidats ont été enregistrés au total pour cette élection. Le général Mohamed Ould Abdelaziz, principal auteur du putch du 6 août donc, qui avait démissionné de ses fonctions militaires et politiques à la mi-avril pour se porter candidat. Mais aussi notamment les trois principaux leaders de l'opposition: Ahmed Ould Daddah, chef du principal parti d'opposition, le Rassemblement des forces démocratiques (RFD), Messaoud Ould Boulkheir président de l'Assemblée nationale, candidat du Front national pour la défense de la démocratie et Jemil Ould Mansour, chef du parti islamiste Tewassoul.

Mauritanie

Mauritanie toujours. Election présidentielle, suite. Deux des candidats de l'opposition Ahmed Ould Daddah et Messaoud Ould Boulkheir ont signé un accord pour un désistement réciproque au second tour. L'accord prévoit aussi une clause relative à la formation d'un gouvernement d'union nationale en cas de victoire de l'un des deux dirigeants à cette présidentielle anticipée. Les deux candidats vont soumettre leur texte à l'approbation du troisième candidat anti-putsch, Jemil Ould Mansour.

 

Cameroun - Politique

Le président camerounais Paul Biya a remanié le gouvernement le 30 juin. Philémon Yang, ancien magistrat et diplomate anglophone de 61 ans, est le nouveau Premier ministre. Les services de la présidence de la République ont également connu des changements, dont le retour de Martin Belinga Eboutou au poste de directeur du cabinet civil du président de la République. L’ancien diplomate devenu Conseiller spécial de Paul Biya avait déjà occupé ce poste entre septembre 1996 et décembre 1997. L'ancien ministre de l'Energie Alphonse Siyam Siwé, lui, condamné en première instance à 30 ans d'emprisonnement pour des "détournements de fonds" au Port autonome de Douala (PAD), a écopé en appel de la "prison à perpétuité".

 

Niger - Politique

Au Niger, une journée "journée pays mort" a eu lieu mercredi 1er juillet, à l’appel de l'opposition et des syndicats pour protester contre la volonté du président Mamadou Tandja de se maintenir au pouvoir au-delà de son mandat légal. Elle a été diversement suivie : les trois principaux marchés de la capitale, Niamey, ont fonctionné de façon très ralentie, mais dans les quartiers populaires, boucheries et petits commerces étaient ouverts. Rappelons que, âgé de 71 ans, le président Tandja entend convoquer un référendum pour adopter une nouvelle constitution qui lui permettrait de briguer un nouveau mandat en décembre prochain.

NIGER

Niger toujours. Malgré le succès mitigé de l’appel à la journée « pays mort », l'opposition, regroupée dans le Front de défense de la démocratie (FDD), continue de "dénoncer le coup d'Etat" du président. Le lundi 29 juin, Mamadou Tandja quand à lui a dissous la Cour constitutionnelle qui s’était opposée par trois fois à son projet de référendum. Désormais, l’un des enjeux est la position de l’armée : l’opposition a appelé les forces de sécurité et de défense à "refuser d'obéir aux ordres d'un homme qui a pris l'option délibérée de violer la Constitution et qui a perdu toute légitimité politique et morale". Le 1er juillet, un porte-parole de l'armée a lu un communiqué à la radio d’Etat qui assure que «  Tenues par leur devoir de neutralité et de réserve, les forces armées ne sauraient à ce titre ni être associées à un quelconque débat politique, ni être impliquées dans des actions déstabilisatrices". Le communiqué appelle aussi, je cite, « à la concertation en vue de l’apaisement de la situation ». Apaisement pas vraiment effectif : mardi 30 juin, le principal opposant au régime, Mamadou Issoufou, a été brièvement interpellé par les gendarmes qui l'ont relâché après environ une heure d'interrogatoire.

Côte d'Ivoire – Société

En Afrique, la mort de Michael Jackson n’a pas bouleversé les foules…sauf dans un petit village Ivoirien, Krindjabo. La pop star, décédée le 25 juin, avait visité le village, en 1992. Le 13 février, précisément, le chanteur en tournée sur le continent africain, était venu dans le village au cœur de la forêt et avait été couronné Amalaman Anoh, du nom d'un ancien prince du royaume, sous l'arbre à palabres. Michael Jackson "avait expliqué à l'assistance que ses origines proviendraient de ce royaume Sanwi, avant de dire merci en langue agni (la langue de l’ethnie locale). Un comité de villageois travaille sur le programme d’une cérémonie en hommage à Michael Jackson, au cours de laquelle une causerie-débat sur "l'influence de l'artiste sur la musique du XXe siècle" réunira journalistes et musicologues.
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Publié dans Afrique

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