Echos d'Afrique 7

Publié le par Thierry Tchukriel

Ces échos sont rédigés pour  l'émission la Chronique Africaine (première diffusion le mardi à 12 h 30 sur radio R d'autan : 105. FM à Lavaur; 100.2 FM à Gaillac; 102.8 FM à Castres et sur www.rdautan.fr). Ils constituent une synthèse qui a la simple ambition de donner "une idée" de la vie qui va - ou ne va pas - dans l'Ouest et le Centre du continent. Leur rédaction est établie principalement à partir d'information figurant sur les sites www.africatime.com et  www.jeuneafrique.com, à partir de dépèches d'agences telles que Pana et Xihnua, et (parfois) à partir d'informations communiquées par des amis africains. Cette semaine, sans surprise, l'après Bongo apparait incertain au Gabon, et, sans surprise non plus, Mamadou Tandja parait décidé à passer en force au Niger pour rester au pouvoir.  Au Togo, la bonne nouvelle de l'année : la peine de mort est abolie (surprise).

NIGERIA

Au Nigéria, dans le Delta du Niger, l’affrontement entre les forces gouvernementales et les rebelles du Mend, le Mouvement pour l'émancipation du delta du Niger, semble être entré dans une nouvelle phase depuis début juin. Le 7 juin, le groupe rebelle a annoncé le lancement d'une "guerre du pétrole ». Et le 16 juin, il a déclaré dans un communiqué avoir "détruit avec des explosifs un oléoduc important appartenant à Shell", dans l'Etat de Bayelsa, dans le Delta donc. Le Mend appelle Shell à quitter la région "afin d'éviter des dommages collatéraux (. . . ) et la mort d'employés". Le groupe indique avoir mené l'attaque contre Shell "pour montrer son mécontentement par rapport à la réaction du gouvernement" face à la mort de deux hommes du delta du Niger qui ont été tués, dit-il, par l'armée sans raison. Depuis plusieurs semaines, l'organisation clandestine, qui dit se battre au nom des populations locales pauvres du delta, a multiplié les attaques contre les installations de la compagnie pétrolière américaine Chevron, dans l'Etat du Delta, l’autre Etat pétrolifère du Sud Nigéria. Shell pour sa part a déclaré l'état de force majeure pour son terminal d'exportation de Forcados entraînant la non-garantie des livraisons. La société a pris cette décision en raison de retards causés par des dégâts sur un autre oléoduc majeur en mars.

 

Gabon - Politique

Au Gabon, c’est l’incertitude quant à l’élection présidentielle qui doit permettre au pays de choisir un nouveau chef d’Etat, après le décès d’Omar Bongo. Selon la Constitution, la présidente par intérim Rose Francine Rogombé, investie le 10 juin, dispose de 45 jours après sa prise de fonction pour organiser un scrutin, donc théoriquement fin juillet. Mais le 1er Ministre, Jean Eyeghé Ndong, a indiqué lundi 22 juin que le scrutin ne pourrait pas être organisé dans un délai court. "J'espère que je ne m'avance pas trop mais c'est sûr que nous irons au-delà de 45 jours", a-t-il déclaré dans une interview à la chaîne de télévision France 24. Est notamment en cause la possible – et nécessaire selon certain – révision des listes électorales.

Gabon - Politique

Au Gabon, toujours, un des principaux opposants, Pierre Mamboundou, a dénoncé mardi 23 juin "une action militaire en préparation" pour faire échouer la transition constitutionnelle en cours. Il n’a toutefois pas étayé ses accusations, évoquant sdeulement des « informations en sa possession ». Président de l'Union du peuple gabonais (UPG), Pierre Mamboundou était arrivé deuxième à l'élection présidentielle de 2005 face à Omar Bongo, dont il était alors le principal opposant. Depuis, il s'était rapproché du pouvoir sans toutefois entrer au gouvernement.

 

Togo - Politique

Au Togo, on sait désormais où sont détenus Kpatcha Gnassingbé et une dizaine de complices présumés de ce qau’on appelle à Lomé le « coup de Pâques », c’est à dire la tentative présumée de coup d’Etat  contre le président Faure Gnassingbé. Il s’agit des locaux de l’Agence nationale de renseignements (ANR), une annexe de la présidence.  Ce lieu de détention a été choisi en raison de la surpopulation qui règne à la Maison d’arrêt de Lomé, et par crainte d’une tentative de libération par la force des prisonniers. Après avoir refusé l’assistance d’un avocat, le demi-frère du chef de l’État aurait, au cours de l’instruction, reconnu une partie des faits qui lui sont reprochés. Accusé de complot et d’atteinte à la sûreté de l’État, il pourrait être jugé d’ici à la fin de l’année.

 

Togo - Société

Niger – Politique


Au Niger, initialement prévue le 18 juin, la grève générale appelée par 7 centrales syndicales contre le projet de référendum constitutionnel annoncé par le Président Mamadou Tandja , a finalement eu lieu jeudi 25 juin. Elle a été largement suivie. Le mouvement a été d’une ampleur jamais vue depuis l'avènement au pouvoir de Tandja en 1999. Il montre l’opposition importante de la société au projet de celui ci de s’ouvrir la possibilité d’une troisième candidature grâce à une révision constitutionnelle. Pour obtenir cette révision, Tandja a, rappelons le, convoquer le 4 août un référendum visant à faire adopter une nouvelle constitution qui ne limiterait pas la durée du mandat présidentiel et lui octroierait dans un premier temps une rallonge de trois ans durant laquelle aucune élection ne serait organisée. Agé de 71 ans, Tandja, doit céder le pouvoir le 22 décembre prochain.

 

NIGER

 

Après la grève, Mamadou Tandja commence à être lâché par les sien. La Convention démocratique et sociale a annoncé jeudi 25 juin, au soir de la grève, le retrait de ses huit ministres présents au gouvernement. La convention indique que cette décision est, je cite, "motivée par la divergence d'appréciation entre notre formation et le gouvernement relativement à la question du référendum constitutionnel". L'appui de la CDS avait permis l'élection du président Tandja en 1999 et 2004. Au fil des jours, Mamadou Tandja semble perdre le contrôle de la situation. Déjà, le 12 juin, le Conseil Constitutionnel avait refusé d’avaliser son projet de référendum. Il y a quelques jours, la commission électorale nationale a "zappé" le référendum voulu par le président et convoqué des législatives anticipées le 20 août. Pour tenter de passer en force, Le président nigérien a a annoncé vendredi 26 juin qu'il avait décidé d'"activer l'article 58 de la constitution". Cet article permet au chef de l'Etat de gouverner par le biais d'ordonnances et de décrets lorsque "l'indépendance de la République est menacée".

Publicité

Publié dans Afrique

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
N
NIGER NEWS HTTP://WWW.NIGER1.COM
Répondre