Retour chez les Dellac : le combat continue
Vendredi 23 mai, la cour d'appel de Paris a rejeté les demandes d'indemnisation déposées par douze anciens militaires atteints de maladies mortelles liées aux essais nucléaires français, ou leurs héritiers. Le pourquoi de ce rejet : les faits sont antérieurs à 1976, date butoir pour ouvrir des droits devant la Commission d'indemnisation des victimes d'infraction pénales (Civi). Atteints de cancers de la peau, du sang ou des reins, seulement cinq des douze plaignants sont encore vivants. Parmi eux : le Tarnais Gérard Dellac (lire l'article "Le combat de leur vie"). Je retourne rencontrer le couple à Montcabrier... et je trouve toujours Gerard et sa femme, Arlette, certes décus, mais animés par la même détermination : continuer à agir pour obtenir la reconnaissance par l’Etat de sa responsabilité. Ce lundi 25 mai où je les rencontre, le projet de loi annoncé par le Ministre de la défense Hervé Morin, est sur le point d'être présenté au Conseil des Ministres. L’A.V.E.N., l’association des vétérans du nucléaire français compte bien faire amender fortement ce texte. Gérard et Arlette Dellac me disent qu'ils ont été reçus par trois des quatre députés tarnais – Philippe Folliot, Thierry Carcenac et Jacques Valax. Bernard Carayon, lui, "il ne nous a pas reçu, il est vraiment difficile à rencontrer"... Ils me raconte le téléphone qui n'a pas arrêté de sonner depuis vendredi. France 3 national qui a fait un reportage. La 5 qui arrive bientôt, dans l'après midi : une équipe de "C'est dans l'air" est dépêchée depuis Paris... Tous deux me montre les vieux Paris Match ressortis pour la télé et qui "relatent" l'exploit de la 1ère bombe française. La France était enfin entrée dans le club...ont reçu Arlette et Gérard Dellac à ce propos. A portée de main, il y a aussi les panneaux d'exposition - sur lesquel figurent par exemple les photos d'équipement militaires déformés par l'onde de choc - avec ils sillonnent la France pour faire connaitre leur lutte. Une lutte simple et essentielle, pour reparer autant que possible... une injustice. Pour Arlette et Gérard Dellac, le combat continue.