Momar Kane, médiateur culturel africain et... belle personne

Publié le par Thierry Tchukriel

Pour dire le travail artisanal bien fait, une expression évoque "le bel ouvrage". L'expression est de dire même parfois : "c'est de la belle ouvrage". Il y a de belles personnes comme il y a de la belle ouvrage. Et Momar Kane est une belle personne. Pour le peu que je l'ai rencontré.

Momar Kane est la voix du groupe Momar Afrodream. Il se définit comme médiateur culturel africain. On peut aussi parler de lui comme d'un "poète incatatoire ". Ca lui plait en tout cas qu'on le dise. Rencontré l'autre samedi dans la petite salle de l'atelier 81, dans le quartier "HLM "(trois barres à quatre étages)  de Lavaur, il donnait ce soir là un concert avec son groupe - batterie, saxo, basse - dans le cadre de la saison culturelle proposée localement par l'association Eclats. Et dès son arrivée en fin d'après midi pour faire la balance, il a eu cette manière d'être qui fait qu'on apprécie les personnes venue du continent africain. Telles que j'ai appris à les aimer, dû moins. Telles que j'en connais, disons : une vraie simplicité, le souci de faire ce qu'il faut faire sans s'y croire, les gestes et les mots - peu de choses - qui dès le début font que l'autre ne parait pas être quelconque... ou pour dire les choses autrement : que l'autre est aussi le même, ni au dessus, ni en dessous, une part de l'humanité, c'est tout et c'est évident. Tellement loin des si fréquentes "postures" (impostures) qu'ici chacun s'attache à avoir dans la vie sociale.

Belle personne, belle fin d'après midi, belle rencontre. Assis dans la salle presque vide - un ou deux organisateurs qui s'affèrent, deux personnes qui accompagnent Momar Afrodream, et puis les musiciens et Momar sur scène - j'assiste aux mises en place pour le concert du soir. Quelques captations en vue du sujet que j'entend réaliser pour mon émission de Chronique Africaine. En attendant tout à l'heure d'avoir quelques minutes d'entretien avec Momar. Instants de rien. Instants pour rien. Et si c'était les plus importants. Cette fois, je prend le temps. J'ai le temps.

Et Momar aussi a le temps. Le temps d'un échange après la balance. Environ 20' autour de la table qui tout à l'heure servira pour la billetterie, et sur laquelle sont déjà posés quelques exemplaires des CD du groupe et du livre que Momar a consacré au cinéma et à la littérature Affricaine. Car Momar, c'est la voie du groupe Momar Afrodream. Mais le groupe n'est pas qu'un groupe de musique. Et Momar n'est pas que la voix du groupe. Médiateur Culturel, disait on.

Alors, Momar raconte. Son cheminement d'expatrié, migrant du Burkina faso au Senegal, puis à Toulouse. Le lien tissé au fil du temps avec les notions de racines, d'errance, et de rapport à l'autre.  La caravane Afrodream, car le groupe a créé aussi la Caravane Afrodream, dont l’itinérance l’a conduit dernièrement en Mauritanie. Invitée à la quinzaine des arts de Nouakchott elle a participé à des ateliers artistiques et des espaces de réflexion autour du thème « Frontière(s), espace de création ». Occasion de présentation de courts métrages africains, de concerts, de performances plastiques, chaque étape de la caravane était organisée au préalable avec des associations fortement ancrées sur le terrain social, en lien avec les familles et surtout les jeunes. Le groupe et la Caravane Afrodream. Et les rencontres du Gindou. Momar Kane participe à ces rencontres cinématographiques organisées dans un petit village lotois dont la programmation offre depuis quelques années une place à la réflexion sur l’immigration. Après avoir fait partie des membres du jury, il a adapté et tourné le scénario du lauréat du concours organisé par les Rencontres sur les mémoires de l’immigration.

 

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