Avec Kader Arif, le Parti socialiste lance sa campagne européenne dans le Tarn
Réalmont. Mercredi 25 mars. Sur les coups de 18 h 30, les socialistes locaux se rertrouvent au siège de la section. Ils et elles sont une vingtaine. Un peu plus. Ils papotent devant le pas de porte, puis montent à l'étage. Pour faire le point avant la réunion publique du soir qui doit lancer la campagne européenne socialiste dans le Tarn avec le chef de fil du Sud Ouest, Kader Arif, député européen sortant ? Kader Arif est bien là. A papoter avant la réunion avec Alain Rouquier, le secrétaire de section. A ses cotés, sa seconde de liste, Françoise Castex, du Gers, également députée européenne sortante. Et d'autres responsables de"haut niveau"... tarnais du P.S. : Gérard Poujade, le 1er secrétaire fédéral, plusieurs conseillers généraux, une conseillère municipale de Castres, Monique Collange, ancienne députée qui figurera - en 8ème position sur la liste des candidats aux européennes... Est ce une réunion plus importante donc qu'une réunion de section ? Dans la grande salle à très haut plafond, peu à peu les plus "importants des militants" présents s'installent autour de la table en U. Cela fait un peu "façon politburo". Les autres se posent tout autour de la pièce, faisant un grand demi-cercle. Les discours vont commencer. Mais ce n'est ni une réunion de section, ni une réunion à caractère départemental... c'est une conférence de presse. En fait de journalistes, nous sommes deux : moi et un confrère d'une autre radio. Presque trois : le correspondant du quotidien régional est là aussi, qui fera tout à l'heure la photo de groupe... en fait il est sans doute présent autant en militant qu'en correspondant de presse. Au cours de son "allocution" Kader Arif précisera que France 3 Tarn a fait une interview dans l'après midi à Albi.Et les discours commencent. Alain Rouquier d'abord. Pour accueillir les militants. Excuser les absents - dont les parlementaires retenus à Paris. Rappeler el heures de gloire de la section (Jacques Durand, 1er Président socialiste du Conseil Général en 1982 était Maire de Réalmont, sénateur aussi, et le local de la section porte désormais son nom; j'ai été dans une autre vie un proche collaborateur de Jacques Durand). Il fait correctement le job. Me traversent des souvenirs de lui quand il était l'un des animateurs du M.J.S. au tournant des années 2000. Quand il animait le courant Utopia, il y a peu. Peut être en fait il encore partie, de ce courant à la fois écolo - alternatif du P.S... et très minoritaire. Professionnellement, il est engagé de jolie façon dans une association départementale pour les personnes handicapées... lesquelles auraient bien du mal à accéder à cette salle située en étage: seule un escalier métalique droit et raide y mène. Après Alain Rouquier, Kader Arif va faire aussi le job : il explique que né à Alger, ses racines réelles sont tarnaises - il a grandi en effet dans le Sud du Département -, rappelle qu'assistant alors de Lionel Jospin il était venu en 1996 faire une réunion publique pour une fêtre de la rose déjà à Réalmont, relie comme de tradition "attachement au terroir" et "Europe des territoires qui doivent vivre", évoque l'Europe Sociale que les socialistes défendent, indique qu'il n'aura qu'un adversaire dans cette campagne - la droite, représentée par Dominique Baudis, mais finalement aussi le Modem de François Bayrou, dont les élus européens votent avec la droite - , salue la mémoire de Jaurès, dit qu'il se sent citoyen du monde, qu'il faut des institutions - européennes, nationales - qui protègent. Et que l'Europe est à construire. Applaudissements.
Les prises de paroles se succèdent. Celle de Françoise Catex. Elle dit que les
socialistes ne pourront compter que sur eux même dans cette campagne. Applaudissemments. Celle de Gérard Poujade. Applaudissemnts. Celle de Monique Collange, la départementale de la campagne. Applaudissements. Les militants font aussi le job. Je regarde les murs. En fait le plafond semble avoir été poussé très haut pour que ces murs puissent accueillir les affiches de campagnes du Parti Socialiste d'hier et avant hier. D'un coté les nationales pour la plupart (de Mitterrand et "La France Unie en marche" à La France Présidente avec Ségolène Royal"; affiches de Jopsin, Fabius, Hollande, Malvy... sur lesquelles ils sont tous jeunes. Non, pas Malvy). De l'autre : les affiches locales et départementales. Sur les unes, il y a le poing et la rose. Pas sur les autres. Derrière Kader Arif, le mur porte essentiellement trois portraits : Jaurès bien sur; Mitterrand, dans une posture de discours... jaurésienne; et Jacques Durand.... Perdue dans un coin toute en haut - presque au ciel- une affichette jaune et noir dit "Trop agité, Chirac danger".Le poids de l'histoire. Pas de choc des propos. "Les journalistes ont ils des questions ?" Mon collègue et moi disons que oui, mais en interview dehors car l'acoustique de la salle est médiocre (le haut plafond). Nous nous retrouvons en bas, devant la porte, avec Kader Arif. La prise de son sera commune, comme souvent. Mon collègue a besoin d'une minute. J'en souhaite trois ou quatre. Je commence : "Vous plaidez pour l'Europe sociale, ça veut dire quoi ?" Kader Arif répond salaire minimum et retour de la solidarité avec conviction. Ils nous remercie gentiment. La "conférence de presse" est finie. Les militants papotent à l'étage.
Thierry Tchukriel
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